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Mesurer l’efficacité concurrentielle d’une invention
  Publié par : Temey, le Mercredi 05 Juin 2013 - 06:00
Articles de presse

Mesurer l’efficacité concurrentielle d’une invention : un cas d’école en commande publique

En innovation de produit, déterminer la part de l’invention technique dans l’efficacité concurrentielle du produit est hasardeux. En innovation de service, voici un cas d’école, observable en commande publique, où l’on peut mesurer l’efficacité concurrentielle d’un service innovant embarqué dans une offre globale, qui, dès lors, est elle-même innovante.

Offrir un produit courant, mais à un prix moindre ou, à l’inverse, offrir un produit distinctif avec un prix supérieur sont les deux alternatives pour obtenir un avantage concurrentiel. Mais dans tous les cas, l’entreprise doit innover.



Innovation de produit

Lorsque l’innovation porte sur le produit, celle-ci commence souvent par l’incorporation d’inventions techniques.

Ces inventions, qui sont le fruit de travaux directement réalisés par le département de recherche et de développement, sont le catalyseur de transformations parfois majeures de l’entreprise : modernisation de l’outil industriel de production, reconfiguration de la chaîne de fournisseurs, transformation de l’expérience client, reconversion des ressources humaines...

Alors, le business plan, qui est la une feuille de route permettant à l’entreprise de contrôler le calendrier, les risques, la qualité, les coûts et la proposition de valeur du produit, doit mettre en perspective ces transformations d’entreprise et les tâches propres de la gestion du cycle de vie du produit innovant ; lors de la conception, sous la responsabilité du département d’études, on veillera à prendre des dispositifs de protection de propriété intellectuelle ; en phase d’industrialisation, où la direction de la production détient un rôle essentiel, on contrôlera étroitement la qualité et les coûts en sortie de chaîne ; lors de la commercialisation, pilotée par la direction marketing et commerciale, on surveillera la réponse de la demande par rapport au prix.

Ainsi, l’avantage concurrentiel du produit innovant se construit progressivement à chaque étape de la vie du produit et est le résultat de la collaboration de l’ensemble des fonctions de l’entreprise. Dès lors, il est difficile de déterminer la part de l’invention dans l’efficacité concurrentielle globale du produit.

Cas d’école en commande publique

Dans le secteur des services pour entreprise, il arrive que, lorsque l’innovation est ouverte [1], l’avantage concurrentiel puisse être créé en fin de cycle, lors de la toute dernière phase, désignée parfois par "Mise sur le marché" [2]. En outre, l’efficacité concurrentielle de l’innovation peut être mesurée et la décision d’innover est du ressort à la seule direction commerciale.

Un cas d’école est donné lors de certains appels d’offres de service émis par la commande publique. Pour ces appels d’offres, les réponses des candidats sont évaluées suivant un modèle de mesure communiqué aux candidats, et la réponse retenue est celle à la mesure la plus élevée.

Ce modèle, qui rend compte de la satisfaction client à la fois sur les caractéristiques techniques et sur le niveau de prix, se présente comme la somme d’une notation "technique" et d’une notation "financière" ; la notation technique croît avec la richesse et la complétude des caractéristiques techniques et administratives du service offert ; la notation financière est proportionnelle au rapport du prix de l’offre la "moins disante" par celui de l’offre objet de la notation.

Pour comprendre comment un tel modèle favorise l’embarquement d’innovations dans les offres des candidats, il suffit de lire le scénario suivant [3].

Innovation de service

Mettons en scène trois acteurs, la Commande publique, une Marque globale de service et une PME innovante, désignée par I-Pme.

La Marque étant seule candidate, son offre est l’offre la moins disante et la notation financière est maximale. En revanche, la notation technique est en deçà du maximum, les attentes de Commande publique n’étant pas complètement remplies.

Alors, I-Pme propose à Marque d’incorporer dans son offre un élément innovant qui doit en améliorer la notation technique : cette incorporation est aisée du fait de l’immatérialité du service. En revanche, la notation financière est abaissée : il faut bien rémunérer l’apport innovant de I-Pme. Néanmoins, la notation globale étant la somme d’une fonction croissante et d’une fonction décroissante de l’élément nouveau, on peut trouver mathématiquement un optimum [4], où la composition de l’offre de Marque avec l’élément innovant de I-Pme donne une notation supérieure à l’offre initiale de Marque.

En communiquant le modèle de notation dans le règlement de consultation, Commande publique invite Marque et I-Pme à trouver ensemble cet optimum. Chaque partie innove, mais dans une phase de cycle de vie de l’innovation ouverte différente : Marque est en phase de "Valorisation" et I-Pme en phase de "Fructification" [5].

Politique d'achat innovante

En inter-entreprises, la politique d'achat des clients finaux est déterminante pour favoriser l'innovation dans la filière. Sous certaines conditions [6], une innovation améliorant sensiblement la notation technique a toutes les chances d’être présente dans de nombreuses offres : en embarquant l’innovation, un candidat bat au moins une offre, celle où il se passerait des services de l’entreprise tierce porteuse de l’innovation.

[1] "L’innovation ouverte peut être définie en creux comme une innovation qui n’est pas fermée, c’est-à-dire issue des seuls investissements d’une R&D interne à une entreprise unique, et est exploitée de façon exclusive par cette même entreprise". Extrait de la définition proposée par "X Open Innovation", un groupe professionnel de la communauté polytechnicienne.

[2] D’après le cycle de vie de l’innovation de "PME de services, Osez l’innovation", novembre 2012, produit par la DGCIS, réalisé par Akoya Consulting.

[3] D’après un script d’un cas de "IP2 Governance", une plateforme ouverte de Blended Learning sur l’innovation partenariale.

[4] Plus généralement, le modèle de notation est une combinaison linéaire d’une fonction d’utilité d’inputs et d’une fonction d’acceptation des coûts des inputs. La fonction d’utilité tend vers une limite supérieure tandis que la fonction d’acceptation des coûts tend vers zéro avec la quantité/qualité d’inputs. L’existence de l’optimum dépend du signe de la dérivée à l’origine et de la limite à l'infini.

[5] D’après le cycle de vie de l’innovation ouverte proposé de "IP2 Governance". Sur Le Cercle Les Échos, une introduction à ce cycle : "Le design management pour innover en entreprise", Tru Dô-Khac, 7 mai 2013.

[6] Outre des modalités de sélection transparente assurant l'équité de traitement entre les candidats, une politique d'achat innovante est caractérisée par deux autres conditions :

(1) la non-exigence de la cession de tous les droits de propriété intellectuelle des résultats des prestations ;

(2) la non-interdiction aux PME innovantes de figurer dans plusieurs offres en tant que sous-traitants des candidats.

Auteur : Tru Dô-Khac

Source : lecercle.lesechos.fr


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