Pourra-t-on demain faire marcher nos portables, mobiles, PDA et autres terminaux électroniques grâce à notre température corporelle ? Peut-être, si lon en croit les recherches actives et prometteuses menées par linstitut de recherche Fraunhofen en Allemagne.
Ils viennent de reprendre le principe des générateurs thermoélectriques - ou thermocouples, qui produisent de lénergie à partir de chaleur - pour ladapter à des petites différences de température. Selon le groupe de travail, un générateur de ce type fournit 200 millivolts (mV), alors que les appareils électroniques consomment plus volontiers un à deux volts.
Pour produire plus délectricité, il faudrait plusieurs dizaines de degrés de différence entre la température corporelle et celle du milieu. Mais comme la différence moyenne est plutôt de lordre de quelques degrés, les chercheurs ont modifié les circuits électriques pour quils soient activés avec seulement 50 mV. A terme, un des chercheurs estime que seul un demi degré de différence thermique suffira à générer un courant suffisant.
De leur côté, des chercheurs américains ont créé une nouvelle pile électrique capable de fonctionner avec du sang ou de la sueur humaine et ressemblant à une simple feuille de papier noir dont les propriétés offrent un important potentiel dapplications. Recourant à la nanotechnologie, ces scientifiques ont produit une structure moléculaire composite formée à 90 % de cellulose et à 10 % de nanotubes de carbone agissant comme des électrodes et permettant de conduire le courant.
Cette nouvelle pile est ultra légère, extrêmement fine et totalement souple, expliquent les inventeurs du Rensselaer Polytechnic Institute, le plus ancien institut de technologie aux États-Unis. La pile peut fonctionner dans des températures allant de moins 37,8°C à plus 148,9°C. Cela sexplique par le fait quelle utilise comme électrolyte un liquide ionisé, à savoir du sel sans eau. Outre le fait quelle peut être imprimée comme du papier, elle peut aussi fonctionner à la fois comme une pile ordinaire au lithium et comme un super-condensateur stockant de lélectricité, des éléments séparés dans la plupart des systèmes électriques.
« Cette pile est avant tout un morceau de papier ordinaire dont la structure moléculaire a été réorganisée très judicieusement », souligne Robert Linhardt, un des auteurs de ces travaux qui paraissent dans les Annales de lAcadémie nationale américaine des sciences (PNAS) datées du 13 août. La pile peut être roulée, pliée, tordue ou découpée en plusieurs morceaux sans perdre ses propriétés ou ses capacités techniques. Il est aussi possible dempiler ces piles les unes sur les autres comme une liasse de papier afin den accroître les capacités. Cette pile est également très écologique puisquà linstar du papier elle est aisément biodégradable et ne contient aucune substance chimique toxique. Elle peut ainsi être utilisée comme source électrique pour des équipements implantés dans le corps humain, comme des pace-makers ou des défibrillateurs.
Les chercheurs ont imprimé ces piles comme des feuilles de papier et montré que les copies pouvaient utiliser des électrolytes naturels dans la sueur, lurine et le sang humain, pour être activées et produire de lélectricité. Grâce à ces avancées de la recherche dans les domaines des matériaux, de la chimie et des nanotechnologies, dans quelques années, la différence de température entre la surface du corps dun animal et celle de son milieu (air, eau) dégagera suffisamment dénergie pour faire fonctionner des appareils électroniques. Il sagit là dune avancée majeure dans le domaine de lautonomie énergétique car notre corps pourra directement alimenter en énergie les vêtements communicants truffés de capteurs et de circuits électroniques que nous porterons dici une décennie pour surveiller notre santé mais aussi recevoir et visualiser nos mails ou nos appels visiophoniques directement sur la surface de nos vêtements. Un fois de plus, on voit que cest bien grâce à une approche transdisciplinaire, associant physique, chimie et électronique que ces innovations de rupture ont pu voir le jour.
Auteur : René Trégouët
Source : http://www.enerzine.com/
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